L’embuscade d’hermès de Frédéric Saia

Circuit Patrimoine et culture

Ce sentier s’est transformé, de 2018 à mai 2026, en une œuvre d’art environnemental venant perturber la normalité paysagère. Conçue pour surprendre le passant dans une véritable embuscade végétale, elle invitait celui-ci à devenir un promeneur des bois, s’en remettant aux bons auspices d’Hermès.

Dès l’entrée, un barrage obstruait l’allée et incitait à lever le regard. Au sommet de la structure de madriers, une pruche, accompagnée d’un alignement de fougères, semblait monter la garde. Les frondes s’étiraient au-delà du pont et dessinaient un sentier aérien serpentant vers le lac, jusqu’à une sphère de bois déposée au bout du parcours et protégée par une jeune pruche.

L’arbre-pont, les ondulations des fougères et la sphère-arbre mettaient en scène un mouvement organique. Au fil des saisons, l’œuvre se transformait au rythme de la croissance des végétaux, offrant sans cesse de nouvelles perspectives. Fidèle à l’approche du Slow Art, elle valorisait la pruche (tsuga canadensis), un conifère indigène du sud-est du Québec. Autrefois largement exploitée au 19e siècle pour son bois imputrescible, cette essence est aujourd’hui devenue rare en milieu naturel. Les deux pruches plantées dans l’installation évoquaient à la fois cette exploitation et l’histoire des moulins de la ville, tout en créant un lien avec les pruches remarquables du parc national du Mont-Saint-Bruno et celle déjà présente sur le site du Vieux Presbytère.

L’œuvre, conçue par Frédéric Saia, s’inscrivait dans une démarche artistique centrée sur le territoire et l’environnement. Présente dans le paysage montarvillois bien au-delà de sa durée de vie initialement estimée à trois ans, L’embuscade d’Hermès a évolué au fil du temps. Une première transformation est survenue au printemps 2023, lorsque le pont a dû être retiré en raison de sa dégradation.

Le 11 mai 2026, l’installation a finalement dû être démantelée, le passage du temps ayant complété son œuvre. Cette création éphémère aura marqué le paysage et l’imaginaire

collectif pendant près de huit ans, laissant derrière elle le souvenir d’une expérience sensible entre art, nature et territoire.

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