Crédits : Société d'histoire de Montarville, Fonds Pierre Dulude
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Saint-Bruno et la passion des chevaux

Patrimoine immatériel

Introduit en Nouvelle-France vers la deuxième moitié du 17ième siècle, le cheval servira d’abord et avant tout aux travaux agricoles et au transport. Dans le comté de Chambly, et particulièrement à Saint-Bruno-de-Montarville, les chevaux occupèrent une place intéressante dans notre histoire : expositions, concours de labours, élevage, courses, etc.

Grâce à la Société d’agriculture du comté de Chambly, et à son exposition annuelle, tenue à Saint-Bruno de 1908 à 1955, le cheval a connu des heures de gloire où paradaient les plus beaux spécimens et concouraient les plus rapides.

Au fil des années, Saint-Bruno continua à développer un attrait particulier pour les chevaux : courses sous harnais, centres d’équitation, concours hippiques, amenant quelques familles montarvilloises à cultiver  plus spécialement cette passion du monde équestre.

C’est en 1665 que les premiers chevaux  arrivèrent en Nouvelle-France. A Québec, les Hurons furent très étonnés de voir ces caribous si bien apprivoisés, surpris que l’on pouvait les faire avancer d’un simple mouvement de la main.

Le recensement agricole de 1851 nous informe que le comté de Chambly comptait 7,351 chevaux, dont 320 à Saint-Bruno-de-Montarville. Toutes ses bêtes étaient essentiellement dédiées aux travaux de la ferme et au transport. Ce nombre passa à 124 en 1951. L’arrivée de l’automobile, et surtout du tracteur, occasionna ce déclin. Avant les années 1920, chaque famille possédait au moins un cheval.

Au mois de mars 1833, des habitants et des cultivateurs du comté de Chambly se réunirent pour fonder une Société d’agriculture. Cette institution allait organiser des concours, tenir des expositions, encourager l’élevage et la reproduction, en particulier des chevaux, et donner de la formation à ses membres.

L’exposition agricole et les courses de chevaux

L’exposition agricole annuelle vint marquer les activités de cette association d’agriculteurs. Alors que celle-ci se tenait dans diverses municipalités du comté, elle est venue s’installer à Saint-Bruno en 1908, et ce jusqu’en 1955.

Lors de cette foire agricole, des milliers de personnes se présentaient sur les terrains pour voir les plus beaux spécimens d’animaux, et plus spécifiquement les chevaux. Les gens accourraient de tout le comté. Un train spécial arrivait même de Montréal avec des visiteurs, accueillis par la fanfare sur le quai de la gare. Dans ce cadre, en 1909, l’Association des chasseurs de renards vint de Montréal tenir une grande chasse à courre à Saint-Bruno.

Mais une attraction particulière devint très populaire, attirant des foules de plus en plus grandes : les courses de chevaux.

Au fil des années, on construisit de nouveaux bâtiments; on procéda au réaménagement de la piste ; on érigea une estrade pouvant contenir 500 personnes assises. Cet engouement pour les courses de chevaux amena les promoteurs à présenter plus d’un programme par année et à offrir des bourses des plus intéressantes.

Mais à partir de 1950, l’organisation des courses de chevaux connût des déficits et elles cessèrent en 1954.

Toutefois, une famille de Saint-Bruno continua à se distinguer dans le domaine des courses sous-harnais : la famille Grisé.

Les fils de Philias Grisé, le forgeron, furent tour à tour, propriétaires, éleveurs, entraîneurs et conducteurs de chevaux. Alcidas Grisé et son fils Serge, en particulier,  connurent des succès remarqués sur les diverses pistes du Québec et d’ailleurs.

Les centres équestres et les concours hippiques

Une autre passion pour les chevaux se développa à Saint-Bruno grâce à l’ouverture de plusieurs centres équestres.

La première école d’équitation au Québec naquit chez nous en 1957. Monsieur Eugène St-Louis, celui que l’on qualifia comme le « père de l’équitation », contribua pendant plusieurs années à l’essor des sports équestres. C’est sur la Montée Sabourin, à la Mount Bruno Riding School qui devint l’Ecole d’équitation du Mont Bruno qu’il forma des centaines de cavaliers et de cavalières.

C’est la famille Robert qui prit la relève à cet endroit. Sous l’impulsion de Marcel Robert, lui-même cavalier de haut niveau,  Les Ecuries Marjo continuèrent à offrir gîte et pension pour les chevaux et à donner des cours d’équitation. Son frère Sylvain Robert a pris la relève avec sa famille aux Ecuries La montée sur le Grand boulevard.

On ne peut passer sous silence l’implication de la famille Jetté, Paul et Euclide, qui eux aussi offraient tous les services propres à une ferme d’équitation et ce, pendant plusieurs décennies dans le rang des Vingt (Grand Boulevard).

Egalement, la famille Bélanger établie sur le Grand Boulevard pendant les années 70 et 80  ou encore Le club équestre St-Gabriel, installé près du collège du même nom et dirigé par monsieur Raymond Toussaint, un passionné des chevaux.

C’est ce même monsieur Toussaint, sergent-policier à la ville de Saint-Bruno qui convint le conseil municipal de faire l’acquisition de deux chevaux en 1970, afin d’effectuer des patrouilles sur la montagne. La ville se départit de son escouade chevaline en 1975.

Tous ces centres équestres voulurent mettre en évidence les plus habiles cavaliers et cavalières de leur écurie en organisant des concours hippiques.

Saint-Bruno accueillit les premières épreuves en 1949 dans le cadre de l’exposition agricole annuelle, réglementées par la Canadian Horse Show Association, preuve du sérieux de l’affaire.

Au cours de années subséquentes, les divers centres équestres prirent charge des compétitions qui attiraient des concurrents de tout le Québec, et même d’ailleurs, offrant un spectacle fort relevé. Des centaines de personnes venaient à Saint-Bruno assister à ces concours.

Depuis plus d’un siècle, l’histoire de Saint-Bruno-de-Montarville a été marquée par cette passion pour les chevaux. -Bernard Guilbert, président de la Société d’histoire de Montarville.

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